Carnets d'Afrique raid humanitaire |
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| Écrit par BELLE-CROIX | ||||||||
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2ème partie – Dakar - Abidjan La première partie de notre aventure aérienne a pris fin à Dakar où l’accueil festif et la sympathie témoignée pour cette initiative de vol privé humanitaire nous ont conforté dans nos choix et motivé à poursuivre. Nous quittons donc Dakar bien reposé et décidé à rejoindre Bamako dans les meilleures conditions. Le départ est comme de coutume matinale pour souffrir le moins possible de la chaleur et de l’instabilité convective. Nous perdons un carburant précieux à suivre les instructions du contrôleur, ce qui nous laisse le temps de faire un peu de tourisme aérien. Quitté Dakar, le compas affiche un cap au 120 et nous invite à pénétrer les terres de l’Afrique noire. Kaolak est notre première étape pour un complément de carburant. Une heure suffira à trouver bidons et essence sans plomb pour les deux machines. Nous scrutons scrupuleusement le précieux breuvage avant de gaver nos réservoirs. Maintenant nous devrions atteindre d’une traite le parc national du Niokolokoba.
La fraîcheur du soir nous permet de faire le point sur notre mission. Nous sommes bons sur le timing et pouvons espérer deux jours de repos à Bamako. Concernant les photos, l’harmattan se fait plus intense à mesure que nous pénétrons dans les terres. Le paysage, malgré le changement radical, garde lui toute sa monotonie. Nous décidons pour le lendemain de nous séparer pour multiplier les prises de vues et saisir le plus d’opportunités. Ce sera fait mais pour une autre raison. Un vent inattendu nous oppose une résistance subtile qui m’oblige à battre en retraite vers un terrain de dégagement. A savoir qu’un déroutement au cœur de l’Afrique ce n’est pas 20 min de vol en plus mais bien une heure et à plus de 30° de divergence de la route suivie. J’informe Vincent de ma décision. Il choisit de poursuivre car son avance sur nous pourrait l’amener dans notre situation. Quand nous arrivons à Kéniéba je me réjouis, surpris, qu’un radio local nous donne les paramètres d’une piste aux pieds d’un relief imposant. Un AFIS affecté sur cette piste isolée doit justifier son emploi. Je n’aime pas ça. J’effectue une intégration bien réglementaire et aperçois à la verticale, un Cessna blanc au parking entouré de 4x4 délabrés. Bientôt la finale, et stupeur, c’est Vincent avec un accent déguisé qui m’autorise solennellement à poser mes roues. Vous ne me croirez peut-être pas mais cette étape va nous plonger dans la réalité africaine. Après un rapide bilan essence, un King Air 90 vient soulever un nuage de poussière en faisant le plus court posé auquel j’ai pu assister. Deux colosses à l’accent aussi étranger que leur physique, descendent du gros oiseaux alors que s’affairent près de la soute l’armée de petites mains venus décharger des caisses inconnues. Nous apprenons que la piste est privée, que nos hôtes sont des exploitants miniers canadiens et suisses et qu’ils n’ont pas de temps à nous consacrer. Une fois leur manip terminé, l’un deux ordonne à un chauffeur de nous conduire à la seule pompe de la région. Nous le remercions et partons acheter du bon vieux Super accueillis par un pompiste avachis sur une vieille pétoire arborant fièrement l’effigie d’un Ben Laden triomphant (si, si, photo à l’appui !). Nous ne nous attardons pas et retournons fissa aux appareils, décidés à écourter notre passage. La chaleur au sol est à son maximum (au moins 50°) et je vois les jauges du S7 passer dans le jaune après le décollage. Le S7 refuse de prendre de la hauteur tellement l’altitude densité dégrade ses performances. Je vole depuis bien 5 min sans prendre un Ft, tandis que les aiguilles passent au rouge. La difficulté est de franchir les reliefs qui barrent ma route. La situation devient périlleuse pour le moteur quand j’entrevois une solution purement météorologique. Le vent qui précédemment m’a contraint au déroutement attaque les reliefs quasiment de face. J’emmène mes plumes frôler la barrière rocheuse et bénéficie, soulagé, d’une ascendance orographique favorable. Le Vario s’éveille lentement et m’accorde un 100 ft/min bien suffisant à mon goût. Nous passons ainsi au-dessus du plateau et les quelques degrés de température qui nous séparent du sol suffisent à remettrent les paramètres dans le jaune. Ouf ! |
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