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Nouadhibu – Nouakchott. Je reproche aux nostalgiques cette passion illusoire qu’ils vouent à la route de l’aéropostale. Le cheminement côtier comme les intrusion au dessus du désert sont d’une rare monotonie. Les dunes monochromes épuisent le pilote et brûlent les yeux d’une réverbération sournoise. Le mérite de ce parcours revient au pilote seul et à sa machine. Il n’y à aucun émerveillement à voler ici ou là, sans cesse. La solitude est la seule bonne amie et j’en convient élève l’homme à un autre karma. Sans elle, et dans le brouhaha des machines modernes qui se disputent le ciel en arborant autant de sponsors que de victoires de combat, ce voyage n’apporte rien, si nous même, n’apportons rien. C’est en cela que le raid privé humanitaire justifie une telle dépense d’énergie. Pour avoir en main le témoin de ce voyage et pour avoir rencontré chaque soir, en pompeuse conférence, les hommes qui font et sont le Rotary, je reconnais à Vincent et Boubou tout le mérite qu’on leur doit. J’aimerai que tous ceux qui veulent partager cette route avec leurs héros défunts, la partagent aussi avec les enfants d’Afrique. En souvenir de l’hospitalité que leurs pères firent à nos aventuriers du ciel.
Saint Louis.
L’« autorisation d’atterrir » crache dans nos oreilles comme une délivrance. Nous avons respecté le calendrier imposé et pouvons le soir même présenter devant un publique attentif les moments forts de notre voyage. Nous obtenons le soutien de quelques notables et leur promesse d’achat vient grossir le nombre de tirage prévu pour l’ouvrage. Vincent s’attache à rappeler les enjeux du voyage. Même si la Côte d’Ivoire a vu naître le projet, c’est toute l’Afrique de l’ouest qui pourra bénéficier de cet élan de solidarité. L’utilisation des fonds récoltés sera administrée par le Rotary Club 9100 qui au grès des besoins matérialisera l’aide. Les enfants orphelins seront les premiers bénéficiaires. Le lendemain nous marquons une pause matinale avant de rejoindre la toute proche Dakar. Je tombe les portes du S7 pour faire des tours de ville et « shooter » l’île Saint-Louis dans la blancheur matinale(tacatacatac !!!). Un Pendulaire sur flotteurs nous donne de l’aile quelques instants puis nous quittons cette merveilleuse oasis, cap au Sud, vers Dakar, son lac rose et ses civilités.
L’arrivée à Dakar est plus aéronautique que prévu. Jusque là les procédures radio et d’intégration avaient un air « début du siècle », on faisait comme on pouvait en fonction des infos détenues et de l’humeurs des contrôleurs. A Dakar, on retrouve le sérieux d’un grand aéroport : poins d’entré, les estimées, les reports et autres 360 d’attente. Quand nous stoppons à l’aéro-club un comité d’accueil s’agite. La presse locale, la télévision et les partenaires s’accaparent Vincent et Boubou pendant que Philippe et moi déchargeons comme de coutume les appareils. Après la photo souvenirs nous prenons la direction de l’hôtel. Vincent renouvelle le soir sont exposés de la veille agrémentées des photos du jour. Nos commentaires sont reçus avec enthousiasmes autant que les objectifs que nous annonçons : 10 000 exemplaires du livre témoins. Le repas buffet est accompagné de danses locales dans la fureur percutante des Tam-tams. Nos hôtes nous invitent à partager ce moment fraternel. Nous exécutons timidement les gestes réglementaires d’une danse africaine, large sourire aux lèvres et pincement au cœur pour cette amitié nouvelle.
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